• Olomouç et l’Écosystème pastoral

• Olomouç et l’Écosystème pastoral

• Olomouç et l’Écosystème pastoral

La République Tchèque est le pays le plus sécularisé d’Europe. Cela est un fait reconnu. Au cœur de l’Europe ce pays occupe une place déterminante pour l’avenir de l’Église. Pays largement ouvert aux influences de l’Europe occidentale et pourtant profondément enraciné dans la culture slave, la République Tchèque présente un défi majeur pour la nouvelle évangélisation. Le renouveau missionnaire est en marche et les pasteurs sont particulièrement animés par le désir de voir leurs paroisses devenir des communautés missionnaires.

Deux signes qui ne trompent pas :

  1. Lors de mon dernier séjour dans le diocèse d’Olomouç, j’apprend que la conférence des évêques tchèques a offert à tous les prêtres à l’occasion de la fête de Pâques le volume de James Mallon, Divine Renovation (en français : Manuel de survie pour les paroisses).
  2. Les 23 et 24 novembre 2018 aura lieu une Conférence nationale sur l’Évangélisation à Olomouç. En fait, c’est la troisième fois qu’a lieu un tel événement. Les forces vives de l’Église en République Tchèque se réunissent pour avancer sur ce chemin de conversion pastorale.

J’ai donc la joie de voir se mettre en place un renouveau missionnaire qui je l’espère produira de nombreux et beaux fruits. L’Écosystème pastoral dans ce pays fait désormais partie du paysage ecclésial. Du 6 au 9 novembre, j’animais deux sessions au centre de retraite de la Communauté des Béatitudes à Dolany, diocèse d’Olomouç.

La première session regroupait cinq prêtres et une religieuse qui se sont engagés sur trois années à la formation sur l’Écosystème pastoral. Celle-ci vise à former dans une perspective de démultiplication des prêtres et agents pastoraux capables d’accompagner d’autres partenaires pour la mise en place de l’écosystème de formation de disciples dans leur milieu respectif. L’Écosystème pastoral leur offre les outils permettant le déploiement de disciples-missionnaires qui croissent et se multiplient dans des communautés paroissiales renouvelées par cette vision évangélique.

La deuxième session rassemblait un groupe plus élargi de 27 prêtres. Il s’agissait d’initier les pasteurs à la pédagogie du trio d’apprentissage avec le thème suivant : Jéthro et la délégation pastorale. En fait, il est bien de témoigner de l’action providentielle de Dieu dans ce projet de formation. En mars dernier, j’étais invité par mgr Jan Graubman, évêque d’Olomouç, à animer une journée de formation sur « La conversion pastorale de Moïse et sa rencontre avec Jéthro (Ex 18) ». La grande majorité du presbyterium était présent. Au cours du repas, mgr Graubman, qui avait demandé que ces formations se mettent en place dans son diocèse, m’interrogeait sur l’expérience des trios d’apprentissage. En parlant de cette pédagogie, j’ai indiqué qu’une des contraintes de cette formation est que nous devons constituer des groupes de trois personnes par trio. Cela va de soi. Mais il n’est pas évident d’avoir le nombre précis de participants totalisant un multiple de trois. J’ai donc invité mgr Graubman à prier pour que nous ayons 9 trios avec en tout 27 participants (3 personnes par trio x 9 trios = 27). À ma grande surprise, quand le père Vojtech Koukal m’a informé du nombre de prêtres inscrits, nous avions exactement le chiffre espéré. La prière de l’évêque a été entendue.

Ainsi la petite graine de l’Écosystème pastoral est semée en République Tchèque. Nous espérons qu’elle produise beaucoup de fruits « du trente, du soixante, du cent pour un ». Vous connaissez la parabole…

Pour découvrir l’Écosystème pastoral et les formations proposées, visitez le site internet : www.ecosystemepastoral.org

La vision pastorale selon Néhémie

La vision pastorale selon Néhémie

Voir et ne pas voir

Au moment où je préparais la publication de mon nouveau volume : La vision pastorale selon Néhémie, un couple d’amis me faisait découvrir le film Premier Regard (1999). Une architecte surmenée, Amy, décide de prendre des vacances dans une station thermale. Là, elle tombe amoureuse de Virgil, un aveugle depuis l’âge de trois ans. Au fur et à mesure que se tisse cette relation, Amy découvre que Virgil pourrait retrouver la vue s’il tentait une opération. L’intervention est un succès. Mais Virgil, étant habitué à son handicap, est alors complètement déstabilisé lorsqu’il retrouve la vue.

Ce film est basé sur un fait vécu, relaté et analysé par le professeur de neurologie de New York, Oliver Sacks, dans le chapitre « Voir et ne pas voir » de son volume Un anthropologue sur Mars. Sept histoires paradoxales (aux pages 165 à 222). La longue analyse du professeur Sacks démontre qu’il ne suffit pas de guérir de l’aveuglement pour retrouver la vue. Le cerveau de Virgil avait perdu très tôt la capacité d’analyser les perceptions visuelles. Il pouvait désormais percevoir (puisque tout l’équipement biologique de la vue était rétabli), mais il ne pouvait pas voir, puisqu’il était incapable d’évaluer et d’interpréter les perceptions pour agir correctement. Étant habitué à interpréter les perceptions grâce au toucher et par l’ouïe, ce n’est que par ce biais qu’il pouvait finalement faire les distinctions nécessaires.

La vision pastorale

« Voir et ne pas voir » est aussi une réalité qui touche à la vie pastorale de notre Église. C’est en 2000 que j’ai découvert la pédagogie de la vision telle qu’elle nous est révélée dans le livre de Néhémie. Depuis, je n’ai cessé de donner des formations, d’écrire ici et là des articles et surtout d’accompagner des groupes, mouvements, communautés, paroisses à entrer dans cette dynamique passionnante de la vision pastorale. Et voilà qu’après un certain nombre d’années, poussé par un évêque français, je décide de plonger dans la rédaction d’un ouvrage en théologie pastorale intitulé : La vision pastorale selon Néhémie (Éditions Saint-Joseph).

Notre Église a besoin de vision, pas seulement de perception

Si nous revenons à l’histoire d’Amy et de Virgil qui se présente à nous comme une parabole vivante, nous comprenons qu’il ne suffit pas de percevoir des réalités, il faut aussi être capable de les interpréter et de les comprendre pour agir correctement. Si cela est vrai du point de vue biologique et physiologique, comment peut-il en être autrement du point de vue de la vie ecclésiale ?

Vous trouverez sans doute quelques réponses à cette question dans l’ouvrage que je suis heureux d’offrir à l’Église pour qu’elle se déploie dans le renouveau missionnaire tant encouragé par le pape François. La pédagogie de la vision est d’une grande fécondité puisqu’elle s’appuie sur la riche expérience de la Bible et le développement toujours actuel de la grâce de Dieu.